Le tourisme : un secteur économique porteur pour Haïti

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Le tourisme est un secteur économique vital pour Haïti. Promouvoir le tourisme haïtien, c’est contribuer à un développement socioéconomique durable. Haïti est une destination à allécher les étrangers. Dès lors, il est de bon ton d’encourager les entreprises et/ou initiatives touristiques, et de faire du tourisme un véritable secteur créateur d’emplois dans la perspective d’une nouvelle Haïti. La nouvelle Haïti est avant tout une Haïti en plein essor économique. Sans une politique de croissance durable, le développement s’avère difficile. Si le développement est caractérisé par la disponibilité d’un minimum pour assurer la survie et de services de base comme l’éducation ou la santé, il est impliqué véritablement la nécessité d’élargir l’éventail des possibilités d’emplois. À défaut d’emplois, les valeurs et normes sociales risquent d’être reléguées au second plan. Le rêve de la nouvelle Haïti risque d’être relégué parmi les chimères.

En effet, ce changement effectif dans la structure sociale et ce phénomène de transformation sociétale qu’est le développement, est utopique si l’Etat haïtien ne tient pas compte des besoins essentiels qui sont justement des facteurs de croissance économique. Tenir compte de ces besoins, c’est tenir compte, au moins, des critères suivants proposés par la PNUD:

-La productivité qui permet d’enclencher un processus d’accumulation ;
-La justice sociale : les richesses doivent être partagées au profit de tous ou le marché de l’emploi est ouvert à tous;
-La durabilité : les générations futures doivent être prises en compte (dimension à long terme du développement) ;
-Le développement doit être engendré par la population elle-même (nécessité de création d’emplois) et non par une aide extérieure.

Ce sont là aussi des mesures à prendre contre la pauvreté et la misère au gré de laquelle, la structure économique reste déséquilibrée, et l’organisation sociale déstructurée. La théorie des « besoins essentiels » met l’accent sur la notion de « manque ». En Haïti, les besoins fondamentaux de la masse populaire ne sont pas pris en compte (alimentation, sécurité, santé, éducation…).

Pour résoudre ou pallier les problèmes ici posés, il est nécessaire de s’investir dans un secteur inexploité, mais porteur, comme le tourisme. Le tourisme peut, dans l’ensemble des secteurs d’activités, générer un nombre d’emplois infinis. Pour comprendre cela, il faut, d’une part, tenir compte de tous les attraits touristiques, comme la mer, les montagnes, les patrimoines historiques etc. qui ont besoin d’un entretien permanent, et, d’autre part, de l’afflux de visiteurs étrangers. J’invite, ici, à comprendre que le tourisme risque d’être (s’il ne l’est pas encore) un poste excédentaire des échanges extérieurs. D’où une nécessité de création d’emplois, même par la population elle-même.

Par ailleurs, à tenir compte des chiffres publiés par le ministère du tourisme dans un communiqué de la mi-novembre 2014, le nombre de visiteurs étrangers peut s’estimer à plus de 362 980, à compter de janvier 2014. Un nombre de plus en plus croissant. Dès lors, dans le cadre d’une politique d’expansionnisme économique (où la croissance doit être systématiquement favorisée), l’Etat ne doit pas seulement promouvoir les belles plages, et ce paysage pittoresque d’Haïti. Il doit se soucier de tout un éventail historico-culturel haïtien. Haïti est une destination attractive qui a vraiment beaucoup à offrir aux étrangers. D’ailleurs, la Banque Interaméricaine de Développement (BID) a fait récemment un don de 36 millions US à seules fins de mettre en valeur et d’entretenir les ressources historico-culturelles et naturelles haïtiennes sur la côte sud du pays. Un don, à bien préciser, qui s’est inscrit dans le projet de création d’emplois.

zoomsurhaiti.com
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A la perspective de contribuer à un développement durable qui requiert une politique de croissance effective, l’Etat haïtien peut tabler sur les opportunités offertes par le secteur touristique où la population peut commercialiser les produits artistiques et artisanaux, où les talents comme poètes, slameurs, danseurs folkloriques, graffiteurs et peintres, peuvent se vendre pour vivre, grâce à l’appui, surtout promotionnel, de l’Etat. Les touristes ne sont pas venus passer seulement des jours en Haïti, mais aussi découvrir ce qui est substantiellement haïtien. Dès lors, il leur faut des guides et interprètes. Ils sont nombreux les jeunes interprètes amateurs et professionnels qui sont en quête d’emploi et qui, pour la plupart, ont des enfants à nourrir et élever. Dans cette optique, l’Etat pourrait bien, d’abord, réaliser une institution qui offre le service d’interprétariat. Ensuite, recruter ces interprètes. Les touristes sauront alors une institution à contacter, en cas de besoin.

Au-delà des opportunités liées au culturel, je pense qu’un programme d’éducation à l’écocitoyenneté est vital, et peut générer des emplois. Ils sont aussi nombreux les étudiants diplômés en sciences de l’environnement qui n’ont pas d’emplois et qui vivent déjà à leurs dépens. Un tel programme viserait à promouvoir un comportement responsable et civique à l’égard de l’environnement et à combattre ce que j’appelle les fléaux de l’environnement, caractérisés par la pollution et les nuisances. Un environnement mal entretenu ne peut que dégoûter les touristes. Les nuisances se définissent comme l’ensemble de facteurs d’origine technique (bruits, dégradations, pollutions, etc.) ou sociale (encombrements, promiscuité) qui nuisent à la qualité de la vie.

Vu cette ambivalence du tourisme haïtien caractérisée, dans cet article, par la visite massive des étrangers et cette gamme d’opportunités d’affaires et d’emplois, il est indéniable que la nouvelle Haïti est possible, si L’Etat et les organisations de la société civile s’investissent dans ce secteur.

Éliphen Jean

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