La lecture, dispensatrice de bienfaits

Crédit photo: mysticlolly-leblog.fr
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La lecture sustente l’esprit. Il n’y a pas de chagrin qu’un instant de lecture ne puisse dissiper. C’est un excellent antidote contre la mélancolie et les dégoûts de la vie. Il suffit de savoir lire et de lire des livres en faveur de notre personne. En lisant, il arrive que les ressouvenirs confus, vagues et flottants, s’évanouissent. Il arrive aussi que les souvenirs déprimants qui stagnaient dans notre esprit, s’anéantissent dans l’oubli. La lecture est un dictame pour calmer le chagrin… À certaines heures de notre journée ou de notre semaine, trouvons-nous un livre pour y chercher un principe d’intérêt, un thème de divertissement, une raison de réconfort et d’oubli. Trouvons-nous un livre, et ajoutons une dose d’émotions, d’expériences fictives à notre être. Notre personne en a besoin.

Par ailleurs, il semble qu’un sérieux effort de lecture est aussi un véritable travail de divination pour faire revivre les hautes âmes du passé. Je comprends, ici, que lire, c’est ressusciter des sentiments, c’est entrer en conversation avec les gens des siècles passés. Lire, c’est tenter de faire l’autopsie de l’imaginaire… Pour ceux qui sont de notre siècle, ils proposent en fait leur livre à notre générosité. C’est une tâche qu’il nous faut accomplir. Aucun livre n’est achevé, voire parfait. C’est pourquoi tout livre aurait pour collaborateur, son lecteur. Un auteur compte toujours sur ses lecteurs, les critiques lui valent beaucoup. Il écrit mieux quand il est lu et honnêtement critiqué.

Il faut lire. Lire pour se construire. Lire pour grandir. Lire, c’est aussi voyager. Mais, pour connaître ces bienfaits de la lecture, il est nécessaire d’avoir une raison de lire. Pourquoi lire ? Quant à moi, je lis car je me sens souvent seul, et le livre, selon Georges Duhamel, est l’ami de la solitude. Il nourrit l’individualisme libérateur. Dans la lecture solitaire, l’homme qui se cherche lui-même a quelque chance de se rencontrer. Tel est mon cas. Je lis également pour voyager. Quand je lis, j’ai l’impression d’aller partout, je dialogue avec des personnages qui sont loin de mon île… J’ai l’impression d’être au brésil en lisant Paolo Coello, en argentine quand je lis Borges, l’humble aveugle. J’ai longtemps visité la France en lisant Victor Hugo, en étant au bord du lac de Lamartine… Lire, c’est aussi écouter un écrivain qui parle, quoique mort. Je parle à des morts. Je lis surtout le soir, au beau milieu de la nuit, quand le calme est olympien.

J’avais à peine dix-sept ans. Je lisais déjà Héros et culte des héros de Thomas Carlyle. J’ai lu que la véritable université de nos jours, est une collection de livres. Depuis lors, je me faisais appeler collectionneur de livres, je me faisais Rousseau, rat de bibliothèque. Je me faisais même appeler bibliothèque ambulante. Outre que je portais un sac-à-dos assez lourd, mes bras étaient aussi meublés de livres. J’avais presque la sensation de porter Victor Hugo, Lamartine, Vigny, Voltaire, François René de Chateaubriand… et les poètes et écrivains de mon pays, Oswald Durand, Etzer Vilaire, Carl Brouard, Antoine Dupré, Anténor Firmin, Jules Solime Milscent, Massillon Coicou, Jacques Roumain… comme s’ils étaient dans les bras de leur mère. Je portais pourtant des livres.

Toutefois, Francis bacon, dans son livre titré essais, nous conseille qu’il y a des livres dont il faut seulement goûter, d’autres qu’il faut dévorer, d’autres enfin, mais en petit nombre, qu’il faut, pour ainsi dire, mâcher et digérer. Peu importe ce que dit cet auteur, il suffit qu’une lecture nous élève l’esprit, et qu’elle nous inspire des sentiments nobles et courageux. Tous les livres ont besoin d’être lus, c’est avant tout la qualité du bon lecteur qui fait la valeur d’un livre. Les livres, pourvu qu’on puisse les appeler ainsi, sont tous beaux. Ils ont tout simplement chacun leurs lecteurs. Les livres, comme le disait Pétrarque, nous charment jusqu’à la moelle, nous parlent, nous donnent des conseils et sont unis à nous par une sorte de familiarité vivante et harmonieuse.

La lecture est un exercice assez profitable, un voyage qui calme les peines. C’est un capital qui s’accroît. C’est l’antidote du souci, une oasis de bonheur contre un désert d’ennui.

J’offre, ici, trois règles aux lecteurs et aspirants lecteurs :

D’abord, lisez aussi les livres que vous n’avez pas encore lus, peu importe leur date de parution. Une connaissance n’a pas de date. Il vous faut savoir uniquement comment et quand l’utiliser. Ensuite, ne cherchez pas à lire seulement des livres réputés. Un livre ne peut pas être réputé s’il n’est pas lu. Contribuez à ce qu’un livre soit réputé en le lisant bien et en le faisant lire. Enfin, lisez aussi des livres que vous n’aimez pas encore. Vous ne pouvez pas aimer un livre sans l’avoir déjà lu.

Eliphen Jean

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