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Regard pluriel
Article : Haïti en besoin d’État
Non classé
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12 juin 2015

Haïti en besoin d’État

www.radio-canada.ca
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Voici ce qui s’échappe si souvent de la bouche du peuple dont je suis : l’État, c’est nous. Impardonnable naïveté à laquelle aucun âge n’échappe que difficilement. L’État a plutôt toujours été « moi ». Ce moi représente ceux-là qui se font passer pour des gens ayant des lumières, de l’aisance et de la conscience, qui se disent personnalistes. Des gens qui, ne pouvant suivre l’ordre social ou s’y conformer, arrivent à s’emparer du pouvoir, en vue d’organiser la vie sociale en leur faveur. Ils constituent donc, comme l’a aussi vu Friedrich Engels, l’État qui est au fond, sous une forme condensée, le reflet des besoins économiques de la classe qui domine la production. Ils sont des gens qui prétendent alors faire ou pouvoir faire les affaires du peuple. Le peuple étant, pour moi, dispersé en des sphères particulières qui peuvent s’appeler « classes » et en individus.

En effet, cette classe qui aspire à la domination, qui parvient à maintenir l’État, en petit prince de Nicolas Machiavel, conquiert, en premier lieu, le pouvoir politique, le pouvoir souverain qui n’est subordonné qu’à lui-même. C’est le seul moyen de faire passer son intérêt propre ou ses ambitions pour intérêt général. Cependant, quand elle peut tout sur le peuple, les lois, de leur côté, peuvent tout sur elle. Mais, qu’arrive-t-il quand elle se contraint devant les lois ou quand ces dernières entravent sa puissance ? Elle conçoit de nouvelles lois, des décrets… C’est encore, ici, une de mes compréhensions de cette classe dominante qu’est l’État.

Par ailleurs, tenant compte de la théorie du concept d’État, le peuple ne devrait pas être tout à fait naïf, puisque l’État est considéré comme le regroupement de citoyens établis en permanence sur un territoire donné. Le peuple, ne constitue-t-il pas l’ensemble de ces citoyens ? Oui, mais un ensemble régi par un système politique déterminé relevant du droit international… d’où un paradoxe brutal, car, pour moi, ce système politique s’identifie encore à l’État. Ainsi, est-il sensé de dire que l’État, c’est nous ? Nous serions l’État, si et seulement si, le peuple renvoyait à la nation considérée dans son ensemble comme un corps politique organisé. J’invite donc, ici, à comprendre qu’une société humaine comporte deux éléments : un élément humain, la Nation, et un élément juridique, l’État qui commence à se former, pour certains, dès que se constituent des services publics.

Dire qu’Haïti est en besoin d’État, c’est aussi souligner qu’elle a besoin d’être un État de droit, comme défini dans le droit constitutionnel. C’est dommage que le pays, si je me fie à mes yeux, ne reconnaisse pas la primauté du droit. Société anomique. Matraquages politiques, cette opération destinée à convaincre la population par la répétition fréquente de promesses non tenues ou messages d’espoirs. Abus de pouvoir. Si s’assurait le règne de la loi comme l’expression de la volonté populaire, l’ordre social ne serait pas désorganisé, l’État (la classe dominante) s’instituerait alors arbitre impartial entre ses ambitions et l’intérêt populaire. Ainsi devrait-il en être d’Haïti dont l’ordre juridique ne reconnaît pas réellement la liberté, la justice, l’égalité…sauf un pluralisme politique anti-développemental et suicidaire.

Enfin, qu’est que c’est que l’État haïtien ? L’État haïtien est ce système politique, né de disparités idéologiques, et construit sur des ambitions politiques d’un petit ensemble d’individus égocentriques, cachés derrière le monstrueux paravent du nationalisme. C’est, en d’autres termes, cette classe sociale dominante qui produit ce système d’idées et d’ambitions qu’est le système politique, comme dirait Karl Marx, en vue de maintenir un pouvoir social et économique.

Eliphen Jean

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Article : Haïti : ruines et ruptures
Politique
0
5 juin 2015

Haïti : ruines et ruptures

niarela.net
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À ceux-là qui tiennent les rênes de l’Etat depuis des ans, à ceux-là qui se disent militants, mais qui militent au détriment des uns et des autres, à ceux-là qui s’opposent indéfiniment au pouvoir, à l’ensemble de la société haïtienne, il se pose, ici, une question qui devrait chaque jour se poser : quel modèle de société souhaiteriez-vous pour demain ?

Vu cette Haïti que nous avions depuis deux siècles déjà, qui va sans cesse à sa ruine et dont la ruine est entraînée par la rupture de l’unité nationale, et le fait que la société est, elle aussi, en rupture avec sa propre tradition ; vu cette vélocité avec laquelle la société se précipite vers sa propre ruine, une vélocité, pour dire comme Honoré de Balzac, comparable à celle d’une ombre, et avec laquelle un enfant se glisse sous le porche d’un escalier, il se donne lieu de parler de la rupture des espérances… d’où la nécessité d’avoir un modèle de société, de passer de la primitive à l’évoluée, d’avoir une société qui n’ignore pas les formes sociales et les techniques des sociétés dites évoluées.

A l’heure qu’il est, notre société a besoin d’être en rupture de ban, non avec sa tradition et les normes sociales… elle a, autrement dit, besoin de s’affranchir des contraintes de son état. Dès lors, il faut un regard pluriel sur l’effroyable complexité de la vie en Haïti. En d’autres termes, un regard sur la multiplicité des crises sociétales, la diversité des conditions de vie, et cette pluralité de partis politiques dans une même vision, dite vision de changer positivement le pays. Cette rupture à laquelle je fais ici allusion, exige une prise de conscience que nous sommes tous, Haïtiens, un seul peuple. Je veux souligner, ici, qu’il est vital que toutes générations confondues s’engagent, au-delà des préjugés qui s’opposent à l’émancipation complète de la génération montante, à faire renaître Haïti. Haïti doit renaître à l’espoir, comme une végétation au printemps. Cette génération montante est cette génération sacrifiée ; cette génération sacrifiée est cette jeunesse qui doit prendre la relève. C’est dommage que le fossé des générations ne fasse que se creuser davantage. N’est-il pas donc nécessaire un consensus intergénérationnel, un consensus social contre la crise générationnelle ?

En effet, le modèle de société dont il est question dans ce billet, doit être cette société libre des contraintes de son état, ou plutôt, des conséquences obligées et logiques des crises multiples qui frappent en cadence, et dont la cadence s’accélère au gré des ambitions politico-économiques. Une telle société doit alors sortir d’elle-même pour s’ouvrir au monde, elle a alors besoin de cette consolante inversion de mœurs corrompues, dissolues et relâchées, mais terriblement opérantes au fil de nos deux siècles… Où sont passées les valeurs morales, sociales, esthétiques de jadis ? A mesure de vouloir être libre, la société haïtienne s’aveulit considérablement sous le poids de son grand dénuement moral. Elle vit au mépris des normes et conventions.

Ruines et ruptures, caractéristiques criantes de la vie sociale en Haïti. Toutefois, peut-on parler simplement de ruptures d’équilibre, alors que les crises sont pérennes ?

Eliphen JEAN

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Article : Une conception du temps
Non classé
0
21 mai 2015

Une conception du temps

Quelque soit sa tactique, l’horloge du temps fait toujours tic-tac, elle égrène ses heures au gré de son impatience. Pour rien au monde, le temps ne suspendra pas son vol. Où est-ce qu’il va ? On ne sait pas, ou plutôt, on ne saura jamais. C’est pourquoi il vaudrait mieux savoir employer le temps, au lieu de vouloir aller à son rythme.

Le temps est ce personnage principal dans la tragédie de la vie humaine. Il est impalpable dans sa course, on ne peut pas le mesurer. Il est en effet absurde de parler de la fin des temps ou de la vie. Parler de la fin des temps, c’est comme prétendre que Dieu a lui aussi une fin, or Dieu ne peut pas exister en dehors du temps, et même en dehors de l’espace. C’est en ce sens que, pour Isaac Newton, Dieu constitue le temps et l’espace. La vie, quant à elle, est une énergie qui anime les matières. Ce qui peut amener à penser qu’il n’est pas d’être qui soit inanimé, mais dépendant de l’homme ou de forces ou de lois naturelles. Un objet abîmé ou détérioré est, pour moi, un objet vidé de la vie. La détérioration serait alors une conséquence de la viduité des matières. Par ailleurs, le temps n’est-il pas vraiment l’ordre des successions possibles, comme le voit Leibniz ?

Comme dit le vieux dicton latin, sicut umbrae dies nostri : nos jours passent comme des ombres. Le temps ne suspendra pas son vol. La vie ne finira pas. L’éternel sablier du temps se retournera toujours, ou plutôt celui de l’existence. L’énergie de la vie est inépuisable, elle peut animer les matières une quantité innombrable de fois. C’est comme disait Friedrich Nietzsche, tout va, tout revient, la roue de l’existence tourne éternellement. (…) A chaque instant commence l’existence, autour de chaque « ici » gravite la sphère là-bas. C’est pourquoi, selon moi, on ne peut même supposer que le temps puisse avoir une fin, à moins que Dieu soit mortel.

Je devrais me permettre de parler aussi de l’espace, car pour vivre ou exister, il faut le temps et l’espace. L’espace, pour Pierre Burgelin, dans son œuvre l’Homme et le Temps, forme l’antidote du souci et la sagesse populaire a raison de penser que les voyages calment les peines. Comme dans la hiérarchie sociale, les voyages s’inscrivent simultanément dans le temps et l’espace.

Si l’Homme pouvait mesurer ou maîtriser le temps, certaines choses n’auraient pas de sens dans la vie, comme les dettes, la promesse, la patience… On miserait sur la possibilité de modifier le temps pour payer ses dettes plus facilement, pour mieux respecter ses promesses, et on s’empêchera d’attendre trop longtemps. Pourquoi devrait-on vraiment être patient alors qu’on peut avancer ou rythmer le temps ? Le temps n’est pas comme notre réveil.

Eliphen Jean

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Article : Je suis Kenya
Politique
1
10 avril 2015

Je suis Kenya

J’ai vu des Noirs d’Afrique crier « Je suis Charlie ! ». Je les ai vus. Ils étaient, pour la plupart, unanimes à penser que justice se doit à Charlie qui n’était pas Noir. J’ai aussi assisté à des manifestations virtuelles auxquelles j’ai moi-même participé. Des mobilisations internationales et des débats ont fait le plein d’audience à la télévision. Des cris d’indignation et de vengeance fusèrent de toutes parts, des quatre coins du monde… Et, force est de constater enfin, sur les réseaux sociaux, que même des gens qui ne savent rien du dossier Charlie ont changé leur photo de profil en « Je suis Charlie ».

Je suis aujourd’hui triste de voir si peu de réactions à cet événement qui désole le Kenya. Un groupe terroriste somalien (les shebabs) a perpétré un massacre pour cause de religion. Un affreux et un monstrueux carnage : 148 morts à l’université de Garissa, dont 142 étudiants, tous tués pour avoir été chrétiens. Un lourd bilan par rapport au massacre de Charlie Hebdo (10 morts) et celui du musée de Bardo (20 morts) à Tunis. Cette indifférence traduit l’idée que, pour les silencieux et indifférents, l’extinction de la race africaine ferait du bien aux autres races de l’humanité dont nous sommes tous, quelles que soient nos différences.

upjf.org
upjf.org

Outré d’une telle indifférence, je rappelle que l’espèce africaine est prolifique. L’espèce humaine l’est. Regarder tomber des Africains ou des gens d’autres nations sans dire mot, parce qu’ils ne sont pas de sa nation, c’est regarder s’écrouler tout un pan de soi, car il y a des milliers de nations, mais une seule humanité. L’eurythmie du monde ou de l’humanité entière doit dépendre de cette reconnaissance universelle que le monde est le bien de tous, non l’apanage d’une grande puissance. Cette reconnaissance doit être la négation des préjugés qui s’opposent à l’émancipation complète des uns et des autres.

Je suis Garissa.

Éliphen Jean

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Article : Le tourisme : un secteur économique porteur pour Haïti
Tourisme
1
9 avril 2015

Le tourisme : un secteur économique porteur pour Haïti

haitilibre.com
haitilibre.com

Le tourisme est un secteur économique vital pour Haïti. Promouvoir le tourisme haïtien, c’est contribuer à un développement socioéconomique durable. Haïti est une destination à allécher les étrangers. Dès lors, il est de bon ton d’encourager les entreprises et/ou initiatives touristiques, et de faire du tourisme un véritable secteur créateur d’emplois dans la perspective d’une nouvelle Haïti. La nouvelle Haïti est avant tout une Haïti en plein essor économique. Sans une politique de croissance durable, le développement s’avère difficile. Si le développement est caractérisé par la disponibilité d’un minimum pour assurer la survie et de services de base comme l’éducation ou la santé, il est impliqué véritablement la nécessité d’élargir l’éventail des possibilités d’emplois. À défaut d’emplois, les valeurs et normes sociales risquent d’être reléguées au second plan. Le rêve de la nouvelle Haïti risque d’être relégué parmi les chimères.

En effet, ce changement effectif dans la structure sociale et ce phénomène de transformation sociétale qu’est le développement, est utopique si l’Etat haïtien ne tient pas compte des besoins essentiels qui sont justement des facteurs de croissance économique. Tenir compte de ces besoins, c’est tenir compte, au moins, des critères suivants proposés par la PNUD:

-La productivité qui permet d’enclencher un processus d’accumulation ;
-La justice sociale : les richesses doivent être partagées au profit de tous ou le marché de l’emploi est ouvert à tous;
-La durabilité : les générations futures doivent être prises en compte (dimension à long terme du développement) ;
-Le développement doit être engendré par la population elle-même (nécessité de création d’emplois) et non par une aide extérieure.

Ce sont là aussi des mesures à prendre contre la pauvreté et la misère au gré de laquelle, la structure économique reste déséquilibrée, et l’organisation sociale déstructurée. La théorie des « besoins essentiels » met l’accent sur la notion de « manque ». En Haïti, les besoins fondamentaux de la masse populaire ne sont pas pris en compte (alimentation, sécurité, santé, éducation…).

Pour résoudre ou pallier les problèmes ici posés, il est nécessaire de s’investir dans un secteur inexploité, mais porteur, comme le tourisme. Le tourisme peut, dans l’ensemble des secteurs d’activités, générer un nombre d’emplois infinis. Pour comprendre cela, il faut, d’une part, tenir compte de tous les attraits touristiques, comme la mer, les montagnes, les patrimoines historiques etc. qui ont besoin d’un entretien permanent, et, d’autre part, de l’afflux de visiteurs étrangers. J’invite, ici, à comprendre que le tourisme risque d’être (s’il ne l’est pas encore) un poste excédentaire des échanges extérieurs. D’où une nécessité de création d’emplois, même par la population elle-même.

Par ailleurs, à tenir compte des chiffres publiés par le ministère du tourisme dans un communiqué de la mi-novembre 2014, le nombre de visiteurs étrangers peut s’estimer à plus de 362 980, à compter de janvier 2014. Un nombre de plus en plus croissant. Dès lors, dans le cadre d’une politique d’expansionnisme économique (où la croissance doit être systématiquement favorisée), l’Etat ne doit pas seulement promouvoir les belles plages, et ce paysage pittoresque d’Haïti. Il doit se soucier de tout un éventail historico-culturel haïtien. Haïti est une destination attractive qui a vraiment beaucoup à offrir aux étrangers. D’ailleurs, la Banque Interaméricaine de Développement (BID) a fait récemment un don de 36 millions US à seules fins de mettre en valeur et d’entretenir les ressources historico-culturelles et naturelles haïtiennes sur la côte sud du pays. Un don, à bien préciser, qui s’est inscrit dans le projet de création d’emplois.

zoomsurhaiti.com
zoomsurhaiti.com

A la perspective de contribuer à un développement durable qui requiert une politique de croissance effective, l’Etat haïtien peut tabler sur les opportunités offertes par le secteur touristique où la population peut commercialiser les produits artistiques et artisanaux, où les talents comme poètes, slameurs, danseurs folkloriques, graffiteurs et peintres, peuvent se vendre pour vivre, grâce à l’appui, surtout promotionnel, de l’Etat. Les touristes ne sont pas venus passer seulement des jours en Haïti, mais aussi découvrir ce qui est substantiellement haïtien. Dès lors, il leur faut des guides et interprètes. Ils sont nombreux les jeunes interprètes amateurs et professionnels qui sont en quête d’emploi et qui, pour la plupart, ont des enfants à nourrir et élever. Dans cette optique, l’Etat pourrait bien, d’abord, réaliser une institution qui offre le service d’interprétariat. Ensuite, recruter ces interprètes. Les touristes sauront alors une institution à contacter, en cas de besoin.

Au-delà des opportunités liées au culturel, je pense qu’un programme d’éducation à l’écocitoyenneté est vital, et peut générer des emplois. Ils sont aussi nombreux les étudiants diplômés en sciences de l’environnement qui n’ont pas d’emplois et qui vivent déjà à leurs dépens. Un tel programme viserait à promouvoir un comportement responsable et civique à l’égard de l’environnement et à combattre ce que j’appelle les fléaux de l’environnement, caractérisés par la pollution et les nuisances. Un environnement mal entretenu ne peut que dégoûter les touristes. Les nuisances se définissent comme l’ensemble de facteurs d’origine technique (bruits, dégradations, pollutions, etc.) ou sociale (encombrements, promiscuité) qui nuisent à la qualité de la vie.

Vu cette ambivalence du tourisme haïtien caractérisée, dans cet article, par la visite massive des étrangers et cette gamme d’opportunités d’affaires et d’emplois, il est indéniable que la nouvelle Haïti est possible, si L’Etat et les organisations de la société civile s’investissent dans ce secteur.

Éliphen Jean

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Article : Cette jeunesse, voilà qui je suis
Poesie
2
1 avril 2015

Cette jeunesse, voilà qui je suis

lionsurmer.com
lionsurmer.com

L’envie de croire, l’envie d’aimer,
l’envie d’être, l’envie de vivre
j’incarne tous les sentiments : triste, enthousiaste, passionnée, confiante, inquiète…

C’est comme disait Baudelaire qui en eût parlé mieux que quiconque.
« Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage
Traversé ça et là par de brillants soleils ! »

Je suis cette Jeunesse,

l’absolu me hante,
je me crois forte, si forte que tout me paraît possible
je suis insouciante, les obstacles de la vie ne me font pas peur
un mélange de bon sens, de non-sens, voilà ce que je suis encore

je m’enlivre et je m’enivre
je m’enivre de la substance des livres

C’est comme disait aussi Rimbaud :
« Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – on se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête… »

ivresses et vertiges
vestiges de rêves… je suis cette Jeunesse

la vie est presque synonyme de jeunesse
des jeunes qui naissent
des vieillards qui renaissent…qui s’en vont dans le sein de la terre
et qui disparaissent du visible
des vieillards qui redeviennent bébés

Je suis cette Jeunesse

Celle qui connaît des faiblesses, des blessures, des épreuves
cette Jeunesse qui agit malgré tout
et qui dit : « Je ne dois pas broncher devant les obstacles,
car je suis le fer de lance de ma nation. »

cette jeunesse qui espère malgré les espoirs déçus
et qui rêve parfois d’un rêve relégué parmi les chimères

je suis cette jeunesse qui refuse d’être adulte
car la vie me paraît trop belle…et les soucis moins lourds.

(extrait)

Éliphen Jean

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Article : Une jeunesse dans la rue…
Politique
0
9 mars 2015

Une jeunesse dans la rue…

Ils sont nombreux. Ils pourrissent dans les coins de rue, entre ordures hétéroclites et mares fangeuses. Ils chargent les camions à tous les carrefours servant de station de taxis et de voitures de transport en commun. Ils traînent à tous les coins de rue. Ce ne sont pas des va-nu-pieds, mais ils vont pieds nus partout. La plante de leurs pieds est éraflée, rayée, brûlée sur l’asphalte chaud, sous le soleil de midi. Ils sont tous abandonnés à leur triste sort. On les appelle comme on veut. Clochards. Voyous. Mendiants. Escrocs. Chenapans ou vauriens. Ils sont tous en loques, haillonneux ou dépenaillés. Quant à moi, je n’ignore pas qu’ils sont aussi des humains qui méritent une vie normale. J’aurais pu être d’ailleurs comme eux ou avec eux si mes parents m’avaient délaissé. Comme certains de ma génération, je pars du bas de l’échelle sociale que je gravis encore à une allure vertigineuse, non désespérante… Ils ne choisissent pas de vivre en marge de la société. C’est plutôt la société qui s’oppose violemment à eux.

Ces humains à la misérable existence, n’ont pas tous une même cause de misère. Certains sont délaissés de leurs pauvres parents et de parents pauvres. D’autres sont influencés par leurs compagnons de route, en revenant de l’école. Tous petits, ils font l’école buissonnière, ils déferlent en masse sur les places publiques. Il arrive que la plupart soient des orphelins qui empruntent la voie des sans-voix, faute de tuteurs.

Par ailleurs, on ne peut parler d’une jeunesse haïtienne, sans penser à cette couche sociale marginale, et prolifique, que rien n’empêche, selon moi, d’être majoritaire. Cette couche d’enfants de rue. Enfants disparus, pour la plupart, qui se retrouvent dix par rue, et qui, à dix pas, se ruent sur tout ce qui semble alléchant : un portefeuille égaré, par exemple.

hpnhaiticom
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Ils s’habituent à la misère du temps, à l’incommodité, à l’infortune, à la disgrâce. Ils s’aguerrissent au dénuement. Le trottoir sent le taudis. Abject. Sale. Fétide. Le soir, ils étalent leurs morceaux de carton sur le trottoir pour se coucher, en haillons ou torse nu. Les plus faibles n’ont pas de cartons. Au matin, ils quittent le trottoir, ils trottent par toutes les rues, ils s’en vont à leurs petits métiers. Sans se brosser. Sans se laver. La vie les appelle…ils s’en vont au hasard du temps.

Incroyable, mais on peut y croire. Ils savent s’aimer. Leur fraternité d’esprit est réelle. Leur esprit d’équipe aussi. Si seulement, nous pouvions tous nous aimer, au moins, de l’amour des enfants de rue… Haïti en a besoin.

Éliphen Jean

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Article : La TNJH sonne le glas…
Culture
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8 mars 2015

La TNJH sonne le glas…

elphjn01.mondoblog.org
elphjn01.mondoblog.org

La jeunesse haïtienne s’affirme au jour le jour. Elle affirme son existence par des actions citoyennes. Ces actions témoignent, chez les jeunes, d’une prise de conscience qu’ils doivent être, chacun, un maillon d’une chaîne de solidarité. Alors, ils s’entraident. Ils s’entraident pour sauver Haïti. Ils reconnaissent que leur action est la moelle épinière de leur nation.

L’évidence est là. Elle saute aux yeux. L’Organisation de la Tribune Nationale de la Jeunesse Haïtienne (TNJH) vient d’organiser, ce samedi 28 février, sa cinquième assemblée générale en Haïti, au prestigieux hôtel Oasis. Des jeunes étaient venus de toutes parts. Car, le thème était ‘‘Jeunesse d’Haïti, Jeunesse de la diaspora, une seule jeunesse, une nation”. Et, sur leur Tribune, ils s’étaient bien fait entendre. De tant d’échos ont franchi les murs du silence.

Aujourd’hui plus que jamais, les jeunes n’ont pas besoin de barricades pour se faire entendre. Cette organisation se veut l’organe des sans-voix. Elle marque, comme beaucoup d’autres organisations, le début d’une ère nouvelle dans le cadre de la construction d’une nouvelle société. Elle évoque le tic-tac du métronome. Elle bat la mesure. Elle donne le signal d’un nouveau départ. C’est l’horloge nationale qui sonne le glas de la misère et des inquiétudes qui rongent l’esprit de la jeunesse. Inquiétudes liées aux marasmes socioéconomiques qui désolent leur pays.

La TNJH constitue, par ailleurs, un point de ralliement de toutes couches sociales. Elle invite à s’asseoir ensemble, se parler, s’écouter, et harmoniser les points de vue. Elle contribue à tisser les relations sociales à travers des rencontres, des causeries citoyennes, et d’autres activités y afférentes. C’est dans cette perspective, comme de coutume, elle a livré ses micros aux grandes personnalités suivantes :

M. Philippe Gérard Tardieu, PDG de l’Hôtel Royal Oasis et Membre d’honneur de la T.N.J.H
Honorable Valérie M. Cartright, conseillère municipale de la ville de Brookhaven, Long Island, Suffolk County, New York, membre d’honneur de la TNJH
Prof. Mirlande H. Manigat, ex Première Dame de la République
M. Daniel Gérard Rouzier, PDG de E-Power & SunAuto
M. Jacques Joël Orival, commissaire principal de Police de la commune de Pétion-Ville
M. Mario Andresol, ex commissaire de division, ex commandant en chef de la P.N.H
M. Pieriche Olicier, Ministre des Haïtiens Vivant à l’Etranger (MHAVE)
Mme Yvanka Jolicoeur, Mairesse de la commune Pétion-Ville, Haïti
M. Jimmy Albert, Ministre de la Jeunesse et des Sports.

Chaque intervention consistait dans un appel lancé à la conscience de la jeunesse. La jeunesse qui a besoin de repères.

Eliphen Jean

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Article : Ma banlieue
Non classé
2
2 mars 2015

Ma banlieue

Ma banlieue est un dédale de couloirs noirs. Un dédale inextricable de ruelles, de rues frêles et de carrefours. Ma banlieue est un écheveau de fil brouillé par un chat affamé et diffamé, comme des chevaux embrouillés aux poils embroussaillés. Dans ma banlieue, des gens croient qu’on est que dalle, on ne dalle pas les cases, la misère nous écrase, la nourriture est rare chez tous même chez Richards…

Pourriture qu’on est aux yeux des uns et des autres, on naît odieux pour qui n’est pas des nôtres. Mais, à Dieu notre destinée, adieu discriminations. Chaque jour, plus de faim, plus de dix cris minent ma nation. Chaque jour on meurt de faim, demain on est défunt.

Ma banlieue est une bande de lieux malfamés. Lieux surpeuplés. Lieux de gens affamés. Lieux mal desservis où pour dessert on tue une vie. On asservit pour régner à vie. On tue, on torture. On tue à tort ceux qui vont à pas de tortue.

Ma banlieue est cette zone de la ville qui est au ban des lieux. Un canton populeux en marge de la ville. Quand on y est, on s’égare. Ma banlieue est fourmillante, on dirait des fourmis en hiver…

thenowinstitute.org
thenowinstitute.org

My bro and sis, que six reste six, ne le change pas en dix. Frère, respecte les pères et les mères. Respecte minou qui ne miaule pas, notre p’tit chat par où nous voyons le jour. Minou poilu ou chauve, minou en chair de poule plumée… Si tu veux du changement, situe-toi parmi nous. Tutoie tes amis jeunes, vouvoie les plus âgés. Donne quand tu déjeunes, Tends la main charitable à qui pourrissent dans les coins de rue, entre ordures hétéroclites et mares fangeuses. Ils sont nombreux les miséreux…

Soyons compatriotes. Soyons compatissants. Soyons Haïtiens. Respectons-nous. Respectons les autres qui sont une part de nous. Ainsi, nous aurons tous une autre vie, une autre bande de lieux. Un jour, un concert d’amour en ces lieux aura lieu…

Éliphen Jean

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Ecrire pour dévoiler le monde... Mais aussi pour interpeller les consciences.

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L'auteur: Eliphen Jean

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